Charles de Foucauld « défricheur »Le père Michel Lafon a passé quarante et un ans au maroc, à El Kbab, dans un village du pére Peyriguère, disciple de Charles de Foucauld. Il s¹eeest maintenant retiré à Bordeaux. Toute sa vie a été nourie par la spiritualité de Charles de Foucauld et parcourue par le désir de faire connaître et aimer celui-ci. Le jeudi 22 février 2007 au soir, lors de l¹inauguration à La Cité de l¹Evangile, il nous a fait partager sa passion.Michel Lafon nous a présenté d'abord trois images de Charles de Fou-cauld : Charles de Foucauld à l'écoute de la culture des Touaregs, soucieux de mettre en valeur et de faire connaître celle-ci; Charles de Foucauld à genoux, des heures durant, devant le Saint Sacrement; enfin, Charles de Foucauld travaillant à mettre sur pieds une association de fidèles qui partageraient son idéal eucha-ristique et missionnaire. Il a lu ensuite le texte capital qui a guidé la méditation de la soirée: "Dieu, pour nous sau-ver, est venu à nous, s'est mêlé à nous, a vécu avec nous dans le contact le plus familier et le plus étroit, de l'Annonciation à l'Ascension. Pour le salut des âmes, il continue à venir à nous, à se mêler à nous, à vivre avec nous dans le contact le plus étroit, chaque jour et à toute heure, dans la sainte eucharistie. Ainsi nous devons, « pour travailler au salut des âmes » aller -nous mêler à elles, vivre avec elles dans un contact fa-milier et étroit" (article 28 du Directoire) Cette citation permet de trou-ver une certaine unité dans la vie apparemment très mouve-mentée et très variée de Charles de Foucauld : temps passé à adorer un Dieu qui a voulu venir à nous ; départ au désert, non pas pour être ermite dans l'immensité des sables, mais pour devenir, avec Jé-sus, sauveur des «'brebis les plus délaissées » et partir « porter le festin eucharis-tique aux pauvres ». Encore faut-il s'entendre sur ce dont il s'agit là: être un "évangile vivant", nouer des relations empreintes d'amitié gratuite et de respect; il perçoit sa vocation comme celle d'un "défrîcheur" envisageant que d'autres suivent pour une annonce plus explicite de l'Evangile. Disons encore que Charles de Foucauld envisage le martyre: "Donner sa vie par amour pour le Seigneur en réponse au don de sa vie fait pour nous». Or il mourra assassiné "parce qu'il aimait les pauvres gens au milieu desquels il vivait depuis dix ans et ne voulait pas les abandonner au milieu du danger", dira l'officier fran-çais qui lui avait proposé un abri en lieu sûr. Et nous, de-mande le père Lafon, quelle sera notre réponse a la dé-claration d'amour du Sei-gneur? Et la causerie s'est terminée par l'insistance sur ~e défi qui nous est lancé aujourd'hui: des musulmans sont chez nous comme Char-les de Foucauld était chez eux. Saurons-nous vivre la rencontre avec eux dans un climat de compréhension et d'amitié?Monique Héliot |
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